Municipales 2020 : le train de nuit comme alternative à l’avion

 

150 candidats aux municipales se sont engagés à interpeller l’État pour développer les trains de nuit. La Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire Élisabeth Borne a d’ores et déjà expliqué à l’Assemblée Nationale que le train de nuit « peut constituer une alternative très intéressante à l’avion »1. C’est un retournement de situation d’autant plus inédit que ces dernières années, beaucoup d’élus locaux ont promu l’avion pour désenclaver leur ville, en particulier sur les territoires excentrés du Sud de l’Hexagone. Alors est-ce que les élus locaux sont prêts à monter dans le train de nuit ?

Le train de nuit peut permettre de relier les régions et d’éviter le recours à l’aviation.

La Sénatrice du Cantal Josiane Costes – auteur d’un rapport sur l’aviation et l’aménagement du territoire – a témoigné que « ce sont les fermetures successives des lignes de trains vers les grandes villes que compte notre pays ainsi que la dégradation de celles qui subsistaient qui ont rendu vital le recours à l’avion. Pour certains endroits de notre pays […] la seule réponse est la diversification de l’offre ferroviaire. » Elle rappelle qu’en l’absence des trains de nuit « c’est le report du train vers sur la route ou l’avion qui est soutenu. »2

L’avion est environ dix fois plus consommateur d’énergie et émetteur de pollution que le train. Alors, à l’heure de la transition écologique, le retournement de perspective aura-t-il lieu ? De nombreux candidats se sont engagés en ce sens. La liste Nantes Ensemble se dit « favorable au développement des trains de nuit et favorable à la réduction du trafic aérien en France et dans le monde. » Pour la liste Lille Verte « pour diviser par 2 nos émissions de gaz à effet de serre en 10 ans, le redéveloppement d’une offre train de nuit (type ÖBB) est indispensable. » La liste « Strasbourg en Commun » fait savoir qu’en Grand Est « il y a trop d’aéroports et pas assez de trains de nuit, nous devons parvenir à inverser la tendance. » Strasbourg Écologie et Citoyenne propose le train de nuit pour « raccorder Strasbourg à presque toute l’Europe politique sans devoir recourir à l’aérien ». Pour sa part, Anne Hidalgo (Paris en Commun) propose « d’adopter un plan de relance du ferroviaire pour diminuer l’attractivité de l’automobile ou de l’avion sur longues distances.  […] les lignes de trains de nuit ont et auront bien évidemment tout mon soutien ».

Dans la compétition entre les mobilités, comment orienter les financements ?

Quand les trains de nuit manquent, les villes moyennes demandent à l’État plus de subventions pour des « Lignes d’Aménagement du Territoire » aériennes (LAT). Elles financent également de manière importante leurs aéroports. Mais les billets d’avion pour les villes petites à moyennes restent onéreux, et ils sont utilisés surtout par les entreprises. La liste « Cause Commune » de Clermont Ferrand dénonce « les déplacements polluants et réservés à une élite sociale tel que l’avion. Le train de nuit doit redevenir la norme des déplacements longue distance. » En effet le train de nuit modernisé avec plusieurs niveaux de conforts, qui vont des sièges inclinables jusqu’aux cabines privatives, est un train pour tous. Il est accessible et attractif pour toutes les profils d’usagers.

Pour les élus locaux, il ne sera pas possible de tout financer. Alors que choisir, avion ou train de nuit ? Pour la liste Carcassonne citoyenne, écologique et sociale « si nous devions faire un choix entre le soutien à l’aéroport et le soutien aux trains de nuit, il sera clair : priorité aux trains. » Poitiers Collectif va plus loin : « nous avons pris l’engagement d’arrêter de subventionner l’aéroport de Poitiers, petit aéroport structurellement déficitaire. Cette décision doit s’accompagner par un soutien affirmé aux alternatives existantes, et aux évolutions dans nos modes de voyage personnels et professionnels. Les trains de nuit sont une alternative responsable majeure ».

Le train de nuit apparaît donc comme une bonne solution. C’est ce que confirment 30 candidats situés dans des agglomérations qui subventionnent l’activité aérienne : «l’arrivée de nouveaux trains de nuit permettra de réduire les subventions aux lignes aériennes ».

24 candidats s’engagent : « nous sommes prêts à accorder aux trains de nuit une subvention égale ou supérieure à celles des lignes aériennes ». 23 précisent que dans tous les cas que « c’est à l’État de financer la part principale pour les transports longue-distance ». Alors, l’État entendra-t-il le message ?

Les candidats qui n’ont pas encore répondu peuvent le faire sur https://ouiautraindenuit.wordpress.com/  Vous y découvrirez aussi l’ensemble des réponses des candidats.

 

1 Débat sur la Loi d’Orientation des Mobilités, Assemblée Nationale, 3 sept. 2018

2 Débat sur la promotion des auto-trains et intercités de nuit, Sénat, 20 nov. 2019, 19h10’

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